Depuis 2023, la directive européenne DSP2 impose un double contrôle d’identité pour chaque virement bancaire, peu importe le montant. Pourtant, certaines transactions entre comptes détenus dans la même banque échappent à cette exigence, créant une faille réglementaire.Les établissements bancaires sont désormais tenus de signaler tout mouvement suspect à Tracfin dans un délai resserré, alors que la responsabilité du client en cas d’erreur ou de fraude ne cesse de s’alourdir. À l’approche de 2025, l’adaptation aux nouveaux protocoles devient incontournable pour tous les acteurs du secteur financier.
Nouvelles réglementations sur les virements bancaires : ce qui change en 2025
2025 marque un vrai tournant pour les virements bancaires en France et dans l’ensemble de la zone SEPA. Guidés par l’Union européenne, les nouveaux textes sur les paiements instantanés obligent banques et prestataires de services de paiement (PSP) à changer radicalement leurs habitudes. L’idée : garantir la fiabilité et l’irrévocabilité de chaque virement SEPA instantané, du donneur d’ordre jusqu’au bénéficiaire, en refermant la porte à la fraude.
Dès le début de l’année, tout ordre de virement devra franchir un mécanisme de routage et vérification (RVM). Ce système, mis en place par l’Instant Payments Regulation, croise automatiquement les informations du bénéficiaire avec celles détenues par la banque réceptrice. À la moindre incohérence, la transaction peut être stoppée net. Les banques prestataires de services sont aussi tenues d’informer dans l’instant le donneur d’ordre de toute anomalie détectée.
Ce protocole s’appliquera à tous les virements SEPA en euros, quel que soit le montant ou la provenance, du moment que la transaction concerne un pays de l’Union européenne. Que l’on transfère des fonds depuis la France, l’Allemagne ou tout autre pays de la zone euro, la règle reste la même. Pour les banques et PSP, il s’agit d’une remise à plat de leurs infrastructures, des méthodes de vérification du bénéficiaire et du suivi des ordres de virement.
Pour y voir plus clair, voici les points clés à intégrer dès maintenant :
- Automatisation de la vérification du bénéficiaire pour chaque virement SEPA instantané
- Extension du contrôle à tous les paiements transfrontaliers en euros
- Renforcement des devoirs de transparence et de reporting
Le régulateur européen veut ainsi harmoniser les pratiques, renforcer la fiabilité des paiements instantanés et protéger les clients contre les erreurs ou les manipulations au moment de réaliser un ordre de virement.
Qui contrôle quoi ? Rôles et responsabilités des banques et des clients face aux obligations renforcées
Ce nouveau cadre redistribue les cartes. Les banques et prestataires de services de paiement (PSP) se retrouvent au centre du jeu : la vérification du bénéficiaire est désormais incontournable à chaque étape. Dès qu’un ordre de virement est lancé, la banque du donneur d’ordre transmet les coordonnées bancaires au PSP récepteur. Le mécanisme de routage et vérification (RVM) compare en temps réel nom et IBAN. Au moindre écart, l’alerte tombe ou le transfert s’arrête.
Du côté des clients, la vigilance entre dans la norme : dès la saisie des coordonnées dans l’espace client, toute modification, ajout de compte ou mise à jour des coordonnées bancaires active une correspondance automatique via cette nouvelle infrastructure. La Banque de France et le Conseil européen des paiements sont clairs : c’est au donneur d’ordre d’assurer l’exactitude des données fournies.
Cette nouvelle répartition des rôles change la dynamique entre banque et client. Le bénéficiaire, épaulé par son PSP répondant, doit aussi vérifier que ses informations bancaires sont à jour. Chacun doit être à la hauteur, sous le regard attentif des autorités européennes.
Prévenir les fraudes : conseils pratiques pour sécuriser vos virements à l’ère des nouvelles règles
La fraude au virement ne recule devant rien. Les fraudeurs, de plus en plus organisés, exploitent chaque brèche et ciblent aussi bien les entreprises que les particuliers. Usurpation d’identité, manipulation de RIB, erreur de saisie : chaque étape du virement peut être la faille qui coûte cher.
L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement alerte : malgré les contrôles automatisés imposés aux banques et prestataires de services de paiement, les arnaques deviennent chaque année plus sophistiquées. Ce sont bien les humains qui restent le premier rempart. Avant tout virement, il faut vérifier l’IBAN du bénéficiaire en le confrontant à la facture ou au mandat reçu. Certaines banques, telles que Memo Bank, ont misé sur l’IBAN virtuel pour tracer chaque transaction, mais rien ne remplace la vérification manuelle.
Pour limiter les risques, quelques réflexes s’imposent :
- Contrôlez toujours la correspondance entre le nom du bénéficiaire et l’IBAN lors de l’ajout d’un nouveau compte.
- Protégez l’accès à l’espace client : limitez les droits, activez la double authentification, et réalisez des audits réguliers des accès.
- Ne validez jamais un virement après un appel ou un email imprévu, même s’il semble provenir d’une personne de confiance.
Les rapports d’Allianz Trade et de la DFCG révèlent que la majorité des escroqueries s’appuient sur la manipulation d’un tiers, parfois en interne. La sécurité des virements bancaires ne dépend pas seulement de la technologie : tout repose aussi sur des procédures internes rigoureuses et une vigilance de tous les instants, portée par des équipes aguerries.
Demain, chaque clic pèsera lourd. Dans ce nouvel univers, la confiance entre l’humain et la machine sera scrutée sous toutes ses coutures, et la moindre inattention pourra suffire à faire basculer l’équilibre.


