Depuis 2023, la réduction d’impôt sur le revenu liée à certains investissements dans les PME innovantes atteint jusqu’à 25 %, sous réserve de blocage des fonds pendant cinq ans au minimum. L’exonération totale des plus-values reste conditionnée à la durée de détention et à l’affectation des capitaux.
La collecte sur ces supports progresse malgré la volatilité des marchés et la complexité des règles fiscales. Les plafonds d’investissement, la sélection des dossiers et les frais associés déterminent l’efficacité réelle du dispositif pour l’épargnant.
Comprendre les FCPI et FIP : des solutions d’investissement au service de l’innovation et des territoires
En France, les FCPI et FIP constituent deux axes majeurs pour investir dans le non-coté. Leur raison d’être ? Orienter l’épargne des particuliers vers des PME innovantes ou des entreprises régionales à fort potentiel. Le fonctionnement des FCPI repose sur une logique claire : offrir un canal de financement à des secteurs dynamiques comme le numérique, les biotechnologies ou les énergies renouvelables. Ces sociétés, souvent trop jeunes ou atypiques pour séduire les banques traditionnelles, trouvent ainsi les capitaux nécessaires à leur décollage.
La sélection des entreprises financées ne s’improvise pas. Les gestionnaires de fonds examinent chaque dossier avec rigueur, misant sur des sociétés non cotées, innovantes, capables de faire bouger les lignes. L’AMF surveille étroitement ces fonds, garantissant des critères d’éligibilité et une transparence indispensable pour rassurer l’investisseur.
Voici les deux grandes familles de fonds que l’on retrouve sur ce marché :
- FCPI : principalement tournés vers l’innovation, ils consacrent au moins 70 % de leur portefeuille à des PME européennes innovantes, positionnées sur des marchés émergents ou porteurs.
- FIP : orientés vers le développement local, ils investissent dans des PME non cotées, implantées dans des territoires précis (régions métropolitaines, outre-mer, etc.).
Ce mécanisme offre aux épargnants un moyen de diversifier leur patrimoine tout en ayant un impact concret sur l’économie réelle. S’engager dans un placement innovation via FCPI ou FIP s’adresse à ceux qui cherchent à la fois du sens et un potentiel de rendement, tout en acceptant que l’argent reste immobilisé plusieurs années. Soutenir la création d’emplois, appuyer la recherche, renforcer des filières stratégiques : autant de retombées auxquelles participent ces placements, tout en épousant la dynamique entrepreneuriale locale.
Quels avantages fiscaux pour les investisseurs ? Panorama des dispositifs et conditions à connaître
L’attrait fiscal reste le principal moteur des FCPI. L’investisseur profite d’une réduction d’impôt sur le revenu, calculée sur le montant investi hors droits d’entrée. En 2024, le taux atteint 18 % du capital souscrit, dans la limite de 12 000 euros pour une personne seule ou 24 000 euros pour un couple imposé ensemble. En pratique, cela représente 2 160 euros ou 4 320 euros de réduction, selon la composition du foyer. Pour conserver ce gain, il faut garder ses parts FCPI pendant au moins cinq ans ; toute sortie anticipée entraîne la reprise de l’avantage fiscal.
Autre atout : les plus-values réalisées à la vente des parts bénéficient d’une exonération d’impôt, à condition là encore de respecter la durée de détention. Seuls les prélèvements sociaux restent dus sur les gains éventuels. Un point de vigilance : la réduction obtenue s’intègre dans le plafond global des niches fiscales fixé à 10 000 euros par an et par foyer. Multiplier les dispositifs réduit donc la marge de manœuvre.
Un placement en FCPI implique aussi des coûts : frais d’entrée, frais de gestion, parfois frais de sortie, viennent ponctionner le rendement. Il n’existe aucune garantie : le risque de perte en capital demeure, inhérent à l’investissement dans des entreprises jeunes ou non cotées, exposées à la conjoncture.
FCPI ou FIP : quelles différences et comment choisir selon votre profil ?
Si les FCPI et FIP partagent la même finalité, injecter l’épargne privée dans le private equity national,, ils diffèrent par leur approche. Les FCPI privilégient la prise de risque sur des PME innovantes, actives dans des secteurs porteurs comme la tech, la santé ou la transition énergétique. L’innovation, la croissance rapide, la recherche et développement sont au cœur de leur stratégie. Leur champ d’action s’étend à tout l’Hexagone, parfois à l’ensemble de l’Europe, sous la surveillance de l’AMF.
Les FIP, pour leur part, misent sur la proximité. Leur portefeuille cible les petites entreprises régionales, non cotées, souvent solidement implantées sur leur territoire : Corse, outre-mer ou régions métropolitaines. L’objectif : renforcer le tissu économique local, accompagner la croissance ou la transmission de sociétés familiales. Le niveau de risque diffère : la diversification géographique prime sur l’innovation, ce qui peut offrir davantage de stabilité mais, en contrepartie, des perspectives de valorisation parfois plus sages.
Pour mieux distinguer ces deux dispositifs, voici les profils auxquels ils s’adressent le plus souvent :
- FCPI : adaptés aux investisseurs attirés par l’innovation et prêts à tolérer une volatilité plus élevée pour viser un rendement supérieur.
- FIP : recommandés à ceux qui souhaitent diversifier leur patrimoine sur le plan régional, sensibles à l’économie locale, et acceptant un risque de perte en capital dans un univers moins disruptif.
En définitive, tout dépend de l’appétence au risque, de l’horizon d’investissement, et du souhait de soutenir l’innovation ou le tissu local. Le binôme fiscalité/risque oriente immanquablement le choix entre FCPI et FIP.
Cas concrets et témoignages : des exemples pour mieux évaluer l’intérêt d’une souscription
Julien, ingénieur, investisseur régulier en FCPI
Julien, 41 ans, cherche à optimiser sa fiscalité. Chaque année, il place une part de son épargne sur des FCPI : 6 000 euros investis, pour une réduction d’impôt de 25 %, soit 1 500 euros. Il veille à ne pas dépasser le plafond des niches fiscales et conserve soigneusement l’attestation à joindre à sa déclaration. Pour lui, soutenir les PME innovantes s’inscrit dans une logique patrimoniale réfléchie. Il assume le verrouillage de ses fonds pour cinq ans minimum : « Je vise la plus-value et la défiscalisation, pas la liquidité immédiate. »
Sophie et Marc, couple marié, diversification et patrimoine
Sophie et Marc, 55 et 57 ans, souhaitent diversifier leur patrimoine au-delà de l’assurance vie. Leur choix : investir 9 000 euros en parts de FCPI, en profitant du double plafond réservé aux couples mariés ou pacsés. Résultat : 2 250 euros de réduction d’impôt. Ce qui les séduit : participer au financement de l’innovation et, à la sortie, bénéficier d’une exonération d’impôt sur les plus-values, hors prélèvements sociaux. Marc résume leur posture : « Nous acceptons le risque de perte en capital, mais la fiscalité limite l’incertitude. »
Pour clarifier les points clés de ces placements, voici les paramètres à prendre en compte :
- Montant investi : de 6 000 à 12 000 euros selon la situation familiale
- Justificatif fiscal à conserver : l’attestation remise par la société de gestion
- Durée d’immobilisation des fonds : de 5 à 10 ans selon les contrats
Ces exemples révèlent une constante : conjuguer optimisation fiscale et soutien concret à l’économie réelle, tout en gardant à l’esprit qu’investir dans l’innovation, c’est aussi accepter une part d’incertitude sur le chemin du rendement.


